Sans titre

10 septembre. Oui… OUI, j’ai enfin trouvé le moyen de me libérer du Horla ! Depuis des semaines… des semaines interminables, cette entité invisible me tourmentait, m’écrasant sous un fardeau d’angoisse sans fin.  Je ne vivais plus vraiment, je me contentais de survivre dans un monde où l’angoisse était devenue ma seule compagne. Chaque instant était une bataille, chaque souffle, une lutte. Ce matin… ce matin, j’ai voulu me lever, mais mon corps était comme paralysé. Chaque mouvement me coûtait une énergie folle, comme si un poids invisible m’écrasait. Mes jambes tremblaient, refusant de me porter. Je me suis accroché au bord de mon lit, rassemblant tout le courage qu’il me restait. Mon esprit vacillait entre l’épuisement et une force nouvelle, née du désespoir. Après un effort immense, j’ai finalement réussi à me tenir debout, chancelant, mais déterminé. Puis une idée fulgurante m’a traversé l’esprit : pouvais-je inverser les rôles ? Plutôt que de vouloir fuir… fuir encore, j’allais le confronter ! 

Je me suis levé, le cœur battant… battant tellement fort ! Une détermination brûlante comme un feu inarrêtable m’envahit. J’ai ouvert grand, très grand la fenêtre de ma chambre, laissant entrer la lumière du jour… un torrent de clarté inondant la pièce ! Au centre de la pièce, j’ai placé un miroir… un miroir simple… mais à la fois sophistiqué. Mon cœur battait… battait si fort j’avais l’impression qu’il allait exploser ! Mais c’était le moment… c’était MA bataille ! 

D’une voix ferme, mais tremblante, j’ai appelé le Horla : « Viens à moi… montre-toi ! » Et là… là, il est apparu. Flou… flou et indistinct… une ombre flottante dans l’air, lourde et oppressante.  Je n’ai pas détourné les yeux… Non… NON ! Au lieu de cela, j’ai pointé le miroir vers lui. « Regarde-toi…VOIS ce que tu es vraiment !! » ai-je ordonné, ma voix brisant le silence comme un coup de tonnerre. 

Il s’est figé, figé comme surpris par mon geste. L’image qu’il renvoyait dans le miroir n’était pas celle d’une créature puissante, mais celle d’un être difforme, fracturé, presque insignifiant. « Tu n’es rien… rien d’autre qu’une distorsion de mes peurs, un nuage sombre façonné par mon esprit… mon esprit troublé ! » Ces mots simples mais aiguisés ont transpercé son être comme une lance. « Je suis maître de mon esprit… tu n’as aucun pouvoir chez moi, ICI ! » 

À mesure que je parlais, parlais sans relâche, il se ratatinait comme une feuille morte. Sa silhouette se désagrégeait. Le miroir capturait ses contours, sa forme, son être, tout ce qui le définissait disparaissait au fur et à mesure. Il mourrait de peur, le Horla… terrifié par sa propre impuissance face à ma volonté. « Tu es l’obscurité… et moi… MOI, je suis l’aube qui te chasse ! » La pièce soudain était baignée de lumière… Comme si le soleil lui-même était entré ! 

Ludovic Kardos

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