J’ai fait mon secondaire dans une école spécialisée dans la déficience visuelle qui se situe à Longueuil. Je devais voyager en berline de la commission scolaire de Laval, de Laval à Longueuil, tôt le matin, et de Longueuil à Laval le soir. Je trouvais les trajets un peu longs, surtout quand ils duraient plus de 2 heures par jour. Bien sûr ! J’écoutais de la musique avec mon vieux MP3 de Hannah Montana que j’ai eu à l’anniversaire de mes 9 ans. Je parlais avec mes amis qui allaient à la même école que moi. Parfois, je faisais mes devoirs ou j’étudiais, mais ce n’était rien de plus.
Un jour, mon enseignante de Français voulait que, nous, ses étudiants, lisions le premier tome du roman Alex Rider. À l’époque, je n’aimais pas beaucoup lire, mais, lorsque j’ai lu les premières pages, je suis tombée amoureuse de ce roman. Je ne pouvais pas m’arrêter de le lire. Je lisais le roman sur mon heure de dîner, dans la berline et chez moi. Je ne voyais jamais le temps passé. D’ailleurs, ma mère est entrée dans ma chambre un soir vers minuit et m’a ordonné de me coucher, car je devais aller à l’école le lendemain. J’ai demandé de lire 5 minutes supplémentaires, mais elle a refusé.
J’imaginais le récit du roman d’Alex Rider comme un film dans ma tête. Je voyais l’adolescent de 14 ans vivre ses aventures avec une telle intensité que je me sentais presque à ses côtés. J’étais absorbée par le personnage principal, qui traversait une crise d’adolescence, devait gérer les responsabilités d’un espion du MI6 et affronter des missions dangereuses. Chaque chapitre était une nouvelle découverte, et je me surprenais à retenir mon souffle lors des scènes d’action ou à sourire lors des moments plus légers. Les personnages prenaient vie dans mon esprit,
Ces trajets en berline, qui étaient autrefois longs et ennuyeux, sont maintenant devenus des moments que j’attendais avec impatience. Ils me permettaient de m’évader dans l’univers captivant d’Alex Rider, loin des contraintes du quotidien. Je me souviens même avoir ressenti une certaine frustration lorsque nous arrivions à destination, car cela signifiait que je devais interrompre ma lecture.
Aujourd’hui, mes temps libres sont réservés à lire à nouveau les romans d’Alex Rider à la fois pour le plaisir, mais aussi pour avoir de l’inspiration pour écrire mon propre roman d’espionnage.
Camille Benitez
Je m’appelle Camille Benitez. J’ai 24 ans et j’étudie au Collège Montmorency en Art, Lettre et Communication : profil littérature. Je suis née avec une déficience visuelle, en plus d’avoir un syndrome orphelin nommé W.A.G.R (Wilms tumor, aniridia, genitourinary anomalies, and a range of developmental delays), où il y a moins de 500 personnes atteintes de ce syndrome dans le monde. Ce syndrome a entrainé un cancer sur mes deux reins alors que j’étais qu’un bambin. Cela a suivi par une insuffisance rénale lors de mon enfance et de mon adolescence, puis de ma première greffe rénale à l’âge de 22 ans. Mon rêve est de devenir écrivaine pour des romans de genres policier, suspense et horreur, puis d’être scénariste pour des films et des séries.
Autres participations :
L’interrupteur Magique
Le Gardien de mon destin